EL INKA, un groupe d’artisans spécialisé dans la confection textile en pure laine d'alpaga
EL INKA, un groupe d'artisans
EL INKA, est un groupe d’artisans créé au début des années 1990, qui regroupait alors 15 familles de la communauté de Hualhuas et des environs (dont une majorité de femmes).
Le petit village de Hualhuas se trouve dans la vallée du Mantaro, à 3500 m d’altitude, près de la ville de Huancayo, région des Andes centrales au Pérou.
Depuis toujours, le tissage textile représente une grande tradition villageoise, d’abord pour un usage familial puis ensuite pour la vente locale. EL INKA s’emploie à développer une plus grande solidarité entre les artisans, en s'échangeant divers conseils sur les méthodes et les techniques de confection pour une meilleure qualité de production.
Le marché local se réduisant à la foire du dimanche de Huancayo, à la vente à domicile et à certaines foires éventuelles, les revenus issus de l’artisanat restent très faibles, c’est pourquoi les associés ne sont pas seulement des artisans, mais principalement des petits agriculteurs. Plusieurs parcelles de terre parviennent presque à assurer l’autosuffisance alimentaire, composée de pommes de terre, de maïs et de fèves.
Chaque famille possède aussi quelques animaux (cochon d’inde, poule, vache, porc ou mouton) qui complètent son alimentation (fromage), mais surtout pour vendre sur le marché de Huancayo et acquérir l’argent nécessaire pour les besoins élémentaires. Il s’agit cependant d’une micro économie de subsistance.
Les cultures sans irrigation sont tributaires des pluies. La communauté, comme l’ensemble de la région, se caractérise par son fort taux de pauvreté économique et sociale.
Le tissage
L’artisanat textile de Hualhuas est exclusivement réalisé en laine d’alpaga, provenant en grande partie de la région de Huancavelica, un peu plus au sud, et des hauteurs de la vallée du Mantaro. Quelques tapis sont aussi fabriqués avec la laine des moutons de la communauté et des hauts plateaux centraux.
Tout le travail se fait à la main, en s’aidant aussi de métier à tisser manuels pour la fabrication des tapis. Les couleurs sont obtenues naturellement, en général avec des plantes. Les femmes se consacrent au tissage pendant que les hommes s’occupent de la teinture. C’est un travail très long qu’ils réalisent pendant leur temps libre en dehors des activités agricoles aussi très fastidieuses.
Il faut d’abord trier la laine de bonne qualité, qui varie selon les parties de la bête, pour en sélectionner les meilleures fibres à tisser. La mauvaise qualité servira pour remplir les cousins ou les matelas. Ensuite il faut faire le fil, plus ou moins gros selon le type de confection à réaliser (bonnet ou couverture). C’est à ce moment là qu’on lave la laine, avec de l’eau chaude et du détergent, puis on la fait bouillir pendant 45 mn avec de l’alun broyé (roche saline) pour fixer les futures couleurs.
Teinture naturelle
Puis vient le savoir faire complexe de la teinture, entièrement effectuée avec des plantes naturelles, ou avec la cochenille (larve d’insecte qui vit sur les figues de barbarie). On fait bouillir la laine avec la plante désirée, pour fixer la couleur, pendant 45 mn environ. Chaque plante donne un couleur différente dont l’intensité varie selon le temps d’ébullition:
- Sur la photo nous pouvons voir (chaudron de gauche) la couleur obtenue grâce à la cochenille, antérieurement broyée par les artisans.
- La fleur bleue de la salvia donne une teinte verte, ses feuilles et son tronc produisent le jaune (voir les 2 chaudrons de droite).
- La cochenille peut donner du rose, rouge, violet ou bordeaux.
- La teinte orange s’obtient avec la peau de l’oignon.
- Le bleu avec la tara, plante qui pousse dans la jungle.
- Le vert kaki et le vert foncé avec la lengua de vaca (feuilles d’un arbre, en forme de langue de vache).
- Le marron provient des feuilles d’eucalyptus, ou de l’écorce de noyer.
- Le gris foncé est tiré du maïs violet, typique du Pérou.
- Pour obtenir d’autres couleurs, on peut aussi faire un mélange entre différentes plantes.
Seul la cochenille revient très cher (25 dollars par kilo), le reste se ramasse dans la nature ou s’achète sur le marché pour un prix modique.
Il faut environ 3 kg de plantes pour teindre un kilo de laine. Celle-ci est lavée plusieurs fois avant d’être tissée, pour éviter que les articles déteignent ensuite.
Bien sûr, les différents marrons, le noir, le gris et le blanc, sont les couleurs naturelles des poils des alpagas.
Grâce à tout ce procédé traditionnel de teinture et de tissage, EL INKA produit un artisanat d’une qualité exceptionnelle en laine d’alpaga, (qui répond aux exigences du marché international), mais dont le peu de vente sur le marché local, compte tenu des coûts de production élevés, n'est pas suffisant pour assurer un revenu régulier aux artisans.
Notre rôle
Le rôle de SALDAC est donc d’aider à exporter en France l’artisanat de EL INKA, afin d’obtenir des débouchés plus importants pour leurs articles, et permettre ainsi l’augmentation du revenu des artisans. Les produits sont achetés à un prix juste, respectant un commerce équitable. Les bénéfices des ventes sont réinvestis pour le bien être des familles, soit en leur achetant plus d’artisanat, soit en aidant au financement de projets de développement concernant l’amélioration de la santé, de l’éducation, de l’agriculture ou des infrastructures.
Le but est bien d’améliorer la situation économique et sociale des artisans de EL INKA et de la communauté de Hualhuas, dans une région où domine encore beaucoup trop d’extrême pauvreté.
De 15 familles au début de la création de l'entreprise, c'est environ en 2008 près de 60 familles qui sont concernées par le travail dans cette filière, surtout dans les phases de filage de la laine et de tricotage des articles. Chaque année des nouvelles pesonnes demandent à participer au projet et apprennent à tricoter, dans l'espoir d'obtenir un revenu complémentaire à leur activité agricole, trop soumise aux aléas climatiques.












